L’accident

Une petite réflexion sur l’utilité de l’aléatoire dans mon travail photo.

L’accident…

Je me suis pas mal posé de question afin de trouver de bonnes raisons de me mettre à la photographie argentique… 
Et après quelques semaines d’apprentissage, d’expérimentations et de tentatives, je crois que je commence à trouver quelques pistes.

L’une d’entre elles, c’est la possibilité de l’accident. La petite excitation provoquée par la certitude qu’on peut rater, qu’on peut tout gâcher jusqu’au dernier moment, que tout ce qu’on fait est irréversible. La petite excitation qu’on trimballe jusqu’au développement des photographies après avoir tenté une expérience. 

De temps en temps il est pénible. Par exemple jusqu’ici, je n’arrive pas à faire fonctionner un de mes objectifs sur mon Pentax 6×7 avec le câble de déclenchement : toutes les photos sortent noires et j’ai déjà gâché 6 clichés en essayant. 

De temps en temps il est anodin : sur l’image qui suit, la sur-exposition de la photo précédente éclaircit le bas du cliché, c’est discret, j’aurai pu m’en passer, mais il n’y a rien de grave et du coup j’apprends à anticiper ça. 

photographie du musée du design de Barcelone
Ilford Delta400 // pentaxME // Barcelone

Sur la photo suivante également, l’accident n’est pas trop brutal, et cette fois, je n’y suis pour rien : le film utilisé était défectueux et présente des tâches blanches sur toute l’image, particulièrement visibles dans le ciel si on zoom sur celui-ci. Au format web, il faut être un peu pointilleux pour être gêné ! (Ilford m’a envoyé 3 rouleaux de film quand je leur ai signalé le problème).

Vallée des entremonts
ilford FP4 // Pentax 6×7 // Col du Granier

Mais de temps en temps, l’accident est bien plus brutal…

Là, c’est sans doute une particule qui s’est glissée dans l’appareil photo, et qui a rayé le négatif… …ou alors j’ai fait une fausse manipulation en chargeant le film sur ma spire pour le développer, et en plus de ça j’ai fait la photo sans faire exprès ! Heureusement, l’image d’après n’était pas rayée…

pentax ME // ilford delta 400 // Vimines

Par contre, une autre fausse manipulation et un négatif abîmé plus tard, j’ai obtenu un résultat qui me plait beaucoup et que je n’aurai pas pu obtenir sans l’accident lié à ma maladresse de débutant. Ici, les arcs lumineux sont des zones où j’ai un peu plié le négatif en le chargeant dans la spire pour le développer. 

Pentax ME // Ilford delta 400 // Vimines

Cette fois c’est au moment de charger le film dans l’appareil qu’il ne s’est pas enclenché tout de suite sur les roues d’entrainement. Ça m’a donné une double exposition partielle, qui là aussi me plait bien !

Pentax ME // ilford delta 400 développé à 1600 // Chambéry

Et parfois, l’accident, il ne se voit pas, il ne se sent pas, et on a beau savoir qu’on a raté un truc, l’image finale nous montre que ce n’est pas grave, que même dans un domaine ou on croit qu’on n’a pas le droit à l’erreur, il y a quand même une toute petite marge. 
Pour la photo suivante, l’accident, c’est d’avoir traité mon film en regardant les mauvais temps de développement, ce qui donne une image plus dense que ce qui était prévu.

Pentax 6×7 // ilford delta 100 développé à 50 // Vimines

Alors certes, ça peut paraître un peu masochiste de se plaire à imaginer ces surprises, mais quand on a appris la technique photo en numérique, avec ce que ça ouvre de possibilités, d’expérimentations, de tri, etc…
Ce retour à une façon de faire plus sobre m’est vraiment plaisante et m’oblige à penser plus et photographier moins. 

Et je vous laisse sur cette citation d’Ansel Adams :

“Il n’y a rien de pire qu’une photo nette d’une idée floue.”

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